English Woman's Journal - Rugby: Lenni Nouchi, du pain au chocolat/jus d'orange de Servian au XV de France à Tokyo

Rugby: Lenni Nouchi, du pain au chocolat/jus d'orange de Servian au XV de France à Tokyo


Rugby: Lenni Nouchi, du pain au chocolat/jus d'orange de Servian au XV de France à Tokyo
Rugby: Lenni Nouchi, du pain au chocolat/jus d'orange de Servian au XV de France à Tokyo / Photo: Anne-Christine POUJOULAT - AFP

Du pain au chocolat/jus d'orange après les entraînements à Servian-Boujan (Hérault) au bleu du XV de France à Tokyo, Lenni Nouchi, troisième ligne samedi contre les "Brave Blossoms" japonais, pour sa huitième sélection, est d'abord sur les terrains de rugby pour le plaisir.

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"Il faut montrer qu'on mérite de porter ce maillot, donc c'est juste à nous de le prendre avec le maximum de plaisir", insiste le joueur de 22 ans, dans un entretien avec l'AFP, depuis le 28e étage de l'hôtel des Bleus, face à la baie de Tokyo, à 48 heures de la rencontre.

Un terme revient sans cesse dans la discussion: "C'est plaisant".

Car Lenni est d'abord rugbyman pour s'amuser, dans le sillage d'un père ancien joueur, passé par Toulon, Biarritz, Agen, Montpellier et Béziers. Béziers justement, où le petit Lenni touche ses premiers ballons.

Mais justement, le plaisir n'est pas là: "Il y avait un éducateur vraiment pas sympa, et moi j'avais juste envie de m'amuser. Un ami à moi me dit, +je vais à Servian-Boujan, juste à côté, on va se régaler+. Du coup je suis parti avec lui, et j'ai fait quatre ans là-bas".

"C'est des trucs bêtes, mais à la fin des entraînements, on avait le pain au chocolat avec le jus d'orange, et petit ça me faisait plaisir. J'avais juste envie de m'amuser", insiste-t-il, sourire aux lèvres.

- "Je n'étais pas au niveau -

Mais le gamin a aussi des qualités. Et c'est le retour à Béziers, où il est coaché pendant cinq ans par son père. Le temps de décrocher le Challenge Gaudermen puis le Alamercery avec les cadets U15 puis U16, avant de partir au centre de formation de Montpellier, à 17 ans.

Cinq ans plus tard, c'est donc l'équipe de France, pour une deuxième titularisation d'affilée, après la victoire chez les Wallabies (42-26).

Sélectionné pour la première fois à l'été 2024, en Argentine, un an après un titre de champion du monde U20 comme capitaine, le Montpelliérain avait ensuite disparu des radars.

"Parce que j'étais moins bon", reconnaît-il, "je n'étais pas au niveau. Alors là, débuter contre l'Australie (NDLR: après quatre apparitions depuis le banc au Tournoi 2026), c'était une satisfaction. De pouvoir montrer que j'avais travaillé sur les axes qu'ils m'avaient demandés. Tous ces détails où ils me demandaient d'être beaucoup plus précis".

Ce retour en bleu, Lenni Nouchi le doit aussi à la saison du MHR, finaliste du Top 14 et vainqueur du Challenge européen: "On a fait du bon travail je pense".

Troisième ligne terrien plus qu'aérien, le Montpelliérain est un tracteur sur un terrain. Et s'il n'a pas connu les monstrueux avants du pack biterrois qui écrasait le rugby français dans les années 1970 et 1980 --"j'étais trop jeune, mais j'en entendais parler quand j'étais plus petit"--, c'est un autre colosse qui l'a marqué.

- Bakkies Botha, première référence -

"Vu que mon papa était seconde ligne et que je voulais lui ressembler, j'ai choisi Bakkies Botha (NDLR: deuxième ligne springbok champion du monde 2007), c'était ma référence. Du brutal. Après, plus j'ai grandi, plus j'ai choisi les troisièmes lignes, ça jouait un peu mieux au rugby quand même".

Capitaine au MHR à 20 ans, le jeune homme ne fuit pas les responsabilités: "Dans le vestiaire, il y avait des mecs comme Yacouba Camara, Paul Willemse. Je me disais, mais qu'est-ce que je fais ici, moi ? Qu'est-ce que je vais bien pouvoir leur dire avant le match ? Ca m'a mis pas mal de pression, mais ça a porté ses fruits".

Ambitieux, Nouchi a "bien sûr" en ligne de mire le Mondial 2027 en Australie.

"Après, il n'y a pas d'étape à brûler. La saison va reprendre avec Montpellier. Et prétendre à une Coupe du Monde, c'est avant tout être bon en club. Si les performances suivent, l'objectif de la Coupe du Monde grandira".

En attendant, c'est le Championnat des nations, pour la troisième journée, samedi, au National Stadium de Tokyo. Et "bien sûr, un trophée à aller gagner", fin novembre à Londres.

"Quand on joue avec l'équipe de France, on doit vouloir gagner tous les trophées possibles, donc oui, c'est plaisant".

L.MacDonald--EWJ

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