English Woman's Journal - Tour de France: Merlier fait parler sa magie à Bordeaux

Tour de France: Merlier fait parler sa magie à Bordeaux


Tour de France: Merlier fait parler sa magie à Bordeaux
Tour de France: Merlier fait parler sa magie à Bordeaux / Photo: Anne-Christine POUJOULAT - AFP

Tim Merlier n'a pas le physique le plus impressionnant des sprinteurs, mais le Belge a une nouvelle fois fait parler son expérience et sa science du placement pour signer sa quatrième victoire dans le Tour de France, vendredi à Bordeaux.

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Après la tornade Tadej Pogacar dans les Pyrénées, c'était retour au calme vendredi dans le peloton pour une septième étape soporifique, encore courue sous des températures caniculaires mais lors de laquelle les leaders ont pu récupérer un peu de leurs efforts de la veille.

Ce n'est qu'à quelques kilomètres de l'arrivée que les choses se sont emballées, une fois repris l'inimitable Baptiste Veistroffer, alias le "sanglier de Fouesnant", une nouvelle fois échappé au kilomètre zéro, accompagné cette fois d'un autre téméraire, le Tchèque Jakub Otruba.

A Bordeaux, capitale du sprint tabassée par un soleil impitoyable, les sprinteurs ont alors pu entrer en action pour une issue inéluctable et, pour une fois, sans chute, ce qui est devenu rarissime ces derniers temps.

Le suspense était total car le rapport de forces n'était pas clairement établi avant ce premier combat à la régulière.

Olav Kooij avait remporté la première bataille entre grosses cuisses lors d'un sprint décousu mercredi à Pau, mais le Néerlandais s'est perdu vendredi (23e).

Vainqueur en baroudeur à Foix, Mads Pedersen venait lui de conforter son maillot vert au sprint intermédiaire, et le Danois n'est pas un pur sprinteur: il a terminé neuvième sur les quais de la Garonne.

- "Je ne sais pas ce qu'il mange" -

Quant à Jasper Philipsen, vainqueur en 2023 à Bordeaux, il restait sur un début de Tour décevant. Et il a une nouvelle fois calé, malgré le lancement de mammouth de Mathieu van der Poel qui l'a peut-être relâché un peu tôt, à 250 m de la ligne, l'exposant au vent.

Et qui a ramassé la mise? Tim Merlier, le plus filou et expérimenté (33 ans) des sprinteurs, qui a une nouvelle fois su se faufiler dans le dédale des arrivées massives pour surgir au bon moment et s'imposer avec un vélo d'avance sur le Norvégien Soren Waerenskjold et l'Erythréen Biniam Girmay.

"J'ai connu un début de saison difficile avec ma blessure au genou. C'était très frustrant de perdre deux mois d'entraînement. Forcément, ça met le doute. Mais mon sprint est toujours là", a constaté le coureur de Soudal-Quick Step, homme de peu de mots qui sait se faire oublier avant d'éclater en pleine lumière.

"C'est toujours quelqu'un de très calme, que ce soit au repas ou dans le bus. Ce matin, il n'était vraiment pas stressé... Et après, il fait des sprints énormes en partant de loin avec de la vitesse. Je ne sais pas ce qu'il mange", a rapporté son coéquipier français, le grimpeur Valentin Paret-Peintre, un des coureurs les plus maigres du peloton qui peine à dépasser les 50 kilos tout mouillé.

Merlier présente évidemment un tout autre gabarit (1,88 m, 76 kg). Mais, au niveau de la taille de ses cuisses, il paraît presque chétif comparé à certains de ses rivaux, y compris son coéquipier Paul Magnier que Soudal Quick-Step a aligné avec succès sur le Giro cette année (trois victoires d'étape).

- Les coureurs souffrent" -

Sa force est ailleurs, dans cette capacité à toujours trouver un chemin dans le chaos, "le casino", comme il disait vendredi, où il a dû faire sans son poisson-pilote et ami Bert Van Lerberghe qui n'a pas survécu aux Pyrénées.

Guidé par Jasper Stuyven, il a réussi à se réinventer après avoir perdu la roue de son coéquipier pour venir à l'avant, déboîter ses concurrents et décrocher sa quatrième victoire dans la Grande Boucle après Pontivy en 2021, et Dunkerque et Châteauroux en 2025.

"Quand Tim sent que les autres sprinteurs sont un peu plus agressifs, il devient encore plus dangereux grâce à son explosivité. Mais le plus important, c'est son expérience, il arrive toujours à trouver l'espace", a applaudi son directeur Tom Steels, lui-même ex sprinteur vainqueur en 1999 à Bordeaux, une des deux capitales du sprint avec Paris.

"C'était important de gagner maintenant parce que ce Tour est exceptionnellement lourd avec la chaleur et le rythme. Les coureurs souffrent", a ajouté Steels, qui n'a pas caché son soulagement de voir son équipe assurer déjà l'essentiel.

Une habitude car la formation belge a toujours gagné au moins une étape depuis 2013.

P.Smid--EWJ

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