Afrique du Sud: le cerveau d'un vaste trafic de cornes de rhinocéros finalement condamné à une amende
Un tribunal sud-africain a infligé une amende de plus de 120.000 dollars à un organisateur de safaris, "cerveau" d'un vaste trafic de cornes de rhinocéros, mettant ainsi fin à un procès d'un quinzaine d'années, a-t-on appris de sources concordantes.
L'Afrique du Sud abrite la plupart des rhinocéros de la planète encore vivants. Elle est aussi un foyer de braconnage alimenté par la demande asiatique, où les cornes de ces imposants animaux atteignent des prix très élevés sur le marché noir.
L'organisateur de safaris Dawie Groenewald a été condamné mercredi à une amende de 2 millions de rands (122.860 dollars) après avoir conclu un accord avec le procureur dans une affaire entachée de nombreux retards et recours judiciaires depuis 2010, a indiqué un unité d'élite de la police, les Hawks.
Le suspect et ses coaccusés faisaient l’objet de plus de 1.700 chefs d’accusation, notamment pour racket, blanchiment d’argent, chasse illégale et écornage de rhinocéros, a précisé cette unité dans un communiqué.
Dix des 185 témoins de l’accusation sont décédés pendant que l’affaire était devant les tribunaux et certains ont quitté le pays, a-t-elle précisé. Deux des onze accusés initiaux sont également décédés depuis.
Cette affaire était "considérée comme la plus grande enquête au monde sur le trafic de cornes de rhinocéros", Groenewald étant "le cerveau derrière ce réseau de trafic de cornes de rhinocéros à grande échelle", assure le communiqué.
En 2014, le ministère américain de la Justice avait accusé Groenewald et son frère Janneman d'avoir vendu à des chasseurs américains des voyages illégaux pour chasser des rhinocéros sauvages en Afrique du Sud sous de faux prétextes.
Le nombre de rhinocéros blancs en Afrique est tombé à un peu plus de 15.750 en août 2025, selon l’International Rhino Foundation.
Les rhinocéros noirs, espèce en danger critique d’extinction, sont eux en voie de rétablissement et leur effectif s’élève à près de 6.800 sur le continent, selon cette ONG.
K.R.Jones--EWJ