Plus d'espèces et moins d'oiseaux depuis 50 ans: la LPO tire un bilan contrasté
Un déclin massif des oiseaux communs comme les hirondelles ou les mésanges mais aussi un succès de conservation pour des espèces emblématiques: la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) tire un bilan contrasté des 50 dernières années en France.
Dans son premier "baromètre de l'avifaune" qui s'appuie en grande partie sur des observations participatives, l'association de défense de l'environnement constate vendredi une "fracture française" entre "deux France ornithologiques".
"En cinquante ans, la France a perdu quatre espèces nicheuses et en a gagné 45. À première vue, le solde semble positif, mais la moitié de ces nouvelles venues sont des espèces introduites comme la Bernache du Canada ou encore la perruche à collier", observe la Ligue de protection des oiseaux.
Elle souligne aussi que quelques espèces de gros oiseaux comme les cigognes blanches ou des rapaces, parfois proches de la disparition, ont pu prospérer grâce à des efforts de protection.
Mais la LPO juge que le véritable indicateur est "le nombre d'individus" et "là, le signal est sans équivoque: −18,2% d'oiseaux communs en 25 ans. Les passereaux (hirondelles, mésanges, alouettes) qui représentent la moitié des 314 espèces nicheuses en France et 90% du nombre total d'individus poursuivent leur chute", alerte l'association.
"Les causes sont connues", a souligné le président de la LPO, Allain Bougrain Dubourg, sur France Inter: "c'est avant tout, soyons clairs, une agriculture intensive avec son cortège chimique".
"Il n'y a plus d'insectes avec les pesticides" et "c'est un paysage uniforme qui s'est dessiné", avec la disparition par exemple des haies ou des mares, a-t-il expliqué.
Une étude publiée en 2023 par des chercheurs européens, sur la base d'une masse inédite de données, avait conclu que l'intensification de l'agriculture était la principale cause d'un spectaculaire déclin des oiseaux en Europe, qui sont quelque 20 millions à disparaître en moyenne chaque année. Soit 800 millions d'oiseaux en moins depuis 1980.
"La loi d'urgence agricole, adoptée par l'Assemblée nationale le 2 juin dernier, s'apprête à faciliter la destruction définitive des zones humides, à libéraliser les tirs sur le loup", regrette la LPO.
"Sous couvert de simplification, on démantèle progressivement ce qui a mis 50 ans à se construire", alerte-t-elle.
L.MacDonald--EWJ