English Woman's Journal - Feu vert à la poursuite du chantier de l'A69

Feu vert à la poursuite du chantier de l'A69


Feu vert à la poursuite du chantier de l'A69
Feu vert à la poursuite du chantier de l'A69 / Photo: Lionel BONAVENTURE - AFP

La cour administrative d'appel de Toulouse a sans surprise autorisé mardi la poursuite du chantier contesté de l'autoroute A69 entre Toulouse et Castres, en rétablissant son autorisation environnementale qui avait été annulée en première instance.

Taille du texte:

Conformément aux recommandations du rapporteur public, les magistrats d'appel ont estimé que "le projet de liaison autoroutière doit être regardé comme répondant à une raison impérative d'intérêt public majeur (RIIPM)".

Selon la cour, c'est donc "à tort" que le tribunal administratif de Toulouse avait, le 27 février, annulé l'autorisation environnementale de ce projet, conduisant à stopper temporairement les travaux de ces 53 km de voie rapide.

Le tribunal avait alors estimé que les lourdes atteintes à l'environnement n'étaient justifiées par aucune RIIPM puisque l'enclavement des villes de Castres et Mazamet, principal argument des promoteurs de l'autoroute, n'était pas démontré.

Mais, à l'inverse, la cour juge qu'il n'est pas "nécessaire de justifier d'une situation critique ou de tension particulière quant à l'enclavement ou au décrochage démographique et économique du bassin de vie de Castres-Mazamet" pour autoriser le projet.

L'autoroute "permettra de relier dans des meilleures conditions le bassin de vie de Castres Mazamet, qui compte plus de 130.000 habitants, à la métropole de Toulouse", explique la cour, dans un communiqué sur sa décision.

- "Décision majeure" -

Elle estime en outre qu'il n'existe "pas de solution alternative satisfaisante à la création d'un nouveau tronçon autoroutier" et que "le maintien des espèces protégées" n’est pas menacé "car des mesures compensatoires efficaces sont prévues".

Avant même que la cour ne communique sur cette décision, le ministère des Transports a salué "une décision majeure" qui "permet d'envisager la livraison, très attendue par le territoire, de cette infrastructure structurante, à l'horizon d'octobre 2026".

Atosca, futur concessionnaire de l'autoroute qui supervise actuellement les travaux, "accueille favorablement la décision de la cour administrative d'appel de Toulouse, qui valide la raison impérative d'intérêt public majeur et l'autorisation environnementale de l'autoroute A69 dans toutes ses composantes, permettant de poursuivre sans ambiguïté le chantier".

"Cette décision tranche le débat sur le fond et confirme la nécessité d'une infrastructure attendue depuis plusieurs décennies par le sud du Tarn", indique Atosca, dans un communiqué.

Du côté des opposants, en revanche, la décision de la cour d'appel est jugée "incompréhensible" et "décevante".

"Nous engageons un pourvoi en cassation immédiatement: la décision à venir du Conseil d'Etat sera rendue avant la mise en service fantasmée par le ministre Tabarot", a affirmé leur principal collectif, La Voie est libre (LVEL).

- "Chantier de la honte" -

Les anti-A69 soulignent que l'arrêt était de toute façon "prévisible", du fait que plusieurs magistrats de la cour, parties prenantes de cette décision, avaient déjà participé à celle autorisant une reprise anticipée des travaux, en mai.

"Lorsque des magistrats ayant déjà jugé en procédure accélérée avaient refusé de se récuser pour statuer sur le fond, on est en droit de se questionner sur leur impartialité!", fustige LVEL.

Parallèlement à son pourvoi, le collectif entend poursuivre sa contestation devant les tribunaux, notamment par la voie pénale.

Le 12 janvier, une juge du tribunal de Toulouse, saisie en urgence, doit ainsi statuer sur des dépassements non-autorisés du chantier, en "violation manifeste de l'ordre public environnemental", selon le parquet de Toulouse.

Face à cette expansion illégale de l'emprise des travaux, les préfets de Haute-Garonne et du Tarn ont d'ores et déjà pris des arrêtés pour faire interdire la poursuite des travaux qui s'y déroulent.

"D'autres actions juridiques sont à venir, avec un volet pénal bien chargé, qui n'a pas dévoilé toutes ses surprises et qui pourrait bien suspendre à nouveau ce chantier de la honte", espèrent les militants de LVEL.

Sur le terrain, "les équipes vont désormais se concentrer sur les travaux qui reprendront à l'issue des congés de fin d’année", annonce Atosca, dans son communiqué.

Le concessionnaire entend lancer "courant janvier" une dernière étape décisive de ce chantier: la pose des quelque 500.000 tonnes de revêtement de la future autoroute qui doit être produite par deux centrales d'enrobé à chaud, installées depuis l'automne à proximité immédiate du chantier, dans le Tarn, et qui étaient jusqu'à présent en phase de test.

T.Burns--EWJ

En vedette

Décès d'Elisa Pilarski: sursis requis contre Christophe Ellul, l'euthanasie contre son chien Curtis

Quatre ans de prison avec sursis ont été requis jeudi contre Christophe Ellul, jugé pour la mort de sa compagne Elisa Pilarski, tuée en 2019 par des morsures attribuées à son pitbull Curtis dont la procureure a requis l'euthanasie.

L'élévation du niveau des océans pourrait avoir été sous-estimée, révèle une étude

L'élévation du niveau des océans le long des côtes mondiales, liée au réchauffement climatique et à l'origine de catastrophes en cascade (inondations, érosion côtière ...), pourrait avoir été sous-estimée, minorant les risques potentiels et les politiques d'adaptation, révèle mercredi une étude scientifique.

Un an après le cyclone Garance, toujours "la débrouille" pour des habitants sinistrés à La Réunion

Adossé à un arbre, à deux pas de la rivière, Patrice ponce frénétiquement un morceau de bois. "Il n'y a plus rien à voir ici, la colline est morte", lâche cet habitant du quartier du Bas de La Rivière, à Saint-Denis, ravagé par le cyclone Garance il y a un an.

Commerce nucléaire France-Russie: 4 militants de Greenpeace en garde à vue après le blocage d'un cargo à Dunkerque

Des militants de Greenpeace voulant dénoncer le commerce d'uranium entre la Russie et la France ont bloqué pendant cinq heures un cargo dans le port de Dunkerque lundi matin, avant que les forces de l'ordre ne mettent fin à leur action.

Taille du texte: