English Woman's Journal - "Tout s'est effondré": la zone la plus touchée du séisme au Venezuela appelle à l'aide

"Tout s'est effondré": la zone la plus touchée du séisme au Venezuela appelle à l'aide


"Tout s'est effondré": la zone la plus touchée du séisme au Venezuela appelle à l'aide
"Tout s'est effondré": la zone la plus touchée du séisme au Venezuela appelle à l'aide / Photo: Federico PARRA - AFP

"C'était terrible. Tout, s'est effondré, tout", se lamente Yilsmaris Blanco, qui observe, pétrifiée, le désastre à Catia la Mar, l'une des villes les plus touchées par le double séisme meurtrier qui a ravagé des dizaines de bâtiments au Venezuela.

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"Nous remercions Dieu parce que (…) nous sommes en vie, mais il y a des personnes qui souffrent de savoir des proches ensevelis, ou écrasés, sans pouvoir les extraire", déplore cette habitante de 39 ans.

"Il ne nous reste plus rien. Pour l'instant, nous n'avons rien, pas même la force ni le courage d'entrer là-dedans", lâche Larry Rojas, 49 ans, l’un des milliers d’habitants sinistrés dans un secteur de Catia la Mar qui compte près de 200 immeubles résidentiels.

Un double séisme d'une puissance inégalée en plus d'un siècle a fait plus de 160 morts, quelque 1.000 blessés selon un bilan provisoire et provoqué l'effondrement de dizaines d'immeubles au Venezuela, où des reporters de l'AFP ont vu jeudi des scènes de destruction faisant craindre un bilan bien plus lourd.

Déclarée "zone sinistrée", la région de La Guaira, située face à la mer des Caraïbes, à 40 minutes par la route au nord de Caracas et où se trouve l’aéroport international de Maiquetía, a été la plus durement touchée.

Certains habitants tentent par eux-mêmes de retrouver leurs proches en criant leurs noms. Comme cette famille vue par l'AFP en train de récupérer les corps d’un homme et d’une femme chargés dans le coffre d’un pick-up.

"Des voisins des étages inférieurs sont ensevelis, on essaie de les sortir", explique Lisbeth Vasquez, une habitante de 37 ans, qui a réussi à sortir avec sa famille de l’un des immeubles effondrés. "Ce qu’il faut, c’est de l’aide", implore-t-elle.

Des dizaines de secouristes sont déjà à l'oeuvre au milieu des décombres dans le noir, tandis que certains habitants cherchent par eux-mêmes.

"Il faut de l'aide, surtout pour les équipements techniques. Les équipes qui sont à Caracas, qui savent quels (outils) utiliser, qui peuvent venir aider ici à La Guaira, qu’elles viennent", implore, à bout de souffle, José Pacheco, chef des opérations du Groupe de sauvetage uni du Venezuela.

"Tu peux voir dans quel état sont les structures, comme celle-ci, ici, totalement effondrée, et ce qu’il faut, c’est de l’aide", répète en boucle ce secouriste de 52 ans, en comptant quelque 14 bâtiments endommagés autour de lui.

"Je n'ai jamais vu ça", dit-il, fort de ses trois décennies d’expérience. "Ça tremblait plus fort" que durant les précédents séismes.

- "Même pas d'eau" -

Certaines tours chancellent, avec de grandes fissures et trous béants dans la façade. Des dizaines d’autres, en revanche, se sont totalement effondrés. Sans électricité dans une grande partie de la zone, des dizaines d’habitants restent dehors dans la pénombre, redoutant de nouvelles répliques, plus violentes que la vingtaine déjà ressentie. D'autres victimes cherchent un abri.

Les portes vitrées d'une pharmacie de Catia la Mar sont totalement détruites et ses rayons sont vides, ont aussi constaté des journalistes de l'AFP, sans que les autorités soient en mesure de confirmer s’il y avait eu des pillages après l’état d’urgence.

Assis contre un mur, Antonio Bermúdez, un habitant de 45 ans de La Guaira, tente lui de déplacer sa jambe qu’il ne peut plus bouger après la chute d'une "dalle" alors qu’il essayait de sortir des décombres.

Il était dans son salon quand soudain, la terre a commencé à trembler. "J’ai cherché refuge sous une colonne. J’étais entre ma chambre et la douche. Ça tremblait plus fort, ça tremblait plus fort", raconte-t-il. "Je me suis accroché au mur, je me suis accroché au mur, je me suis accroché au mur et l’immeuble a commencé à tomber», répète-t-il toujours en état de choc.

Faute de lumière, certains habitants courent avec des lampes-torches, tandis que les véhicules de secours éclairent brièvement les rues avec leurs gyrophares.

"Nous n’avons pas d’eau non plus, nous mourons de soif", dit Larry Rojas.

Et d'implorer encore: "Vraiment, qu’il y ait quelqu’un pour nous aider, qu’ils envoient des machines. C’est ce dont nous avons besoin pour accéder aux immeubles effondrés".

bur-mbj-arm/dbh/ib/gkg

O.Wood--EWJ