English Woman's Journal - Ultim Challenge: cinq temps forts racontés au fil de l'eau à l'AFP par Caudrelier

Ultim Challenge: cinq temps forts racontés au fil de l'eau à l'AFP par Caudrelier


Ultim Challenge: cinq temps forts racontés au fil de l'eau à l'AFP par Caudrelier
Ultim Challenge: cinq temps forts racontés au fil de l'eau à l'AFP par Caudrelier / Photo: LOIC VENANCE - AFP/Archives

Vainqueur mardi de la première course autour du monde en solitaire sur des maxi-trimarans, le navigateur Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) a vécu pendant 50 jours une aventure pleine d'émotion qu'il a racontée à l'AFP dans plusieurs carnets de bord.

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Voici cinq temps forts de son périple:

- Un départ "zen" -

"Je vois beaucoup ça comme un défi avec moi-même. J'ai hâte de voir comment je vais me gérer, y compris dans les difficultés. Car il y en aura", écrit le skipper, qui a eu 50 ans lundi, dans son premier carnet de bord pour l'AFP.

A Brest, le 7 janvier, Charles Caudrelier le stressé affiche une mine apaisée. Passé proche de l'abandon de dernière minute pour des "raisons personnelles", il est déjà satisfait d'être au départ et "dans une forme de +zénitude+", confiera-t-il plus tard.

Sur le ponton, il échange avec ses concurrents, puis lance un sourire à ses proches réunis devant le bateau au moment de l'appareillage. Pour lui comme pour les autres solitaires, le départ est grandiose: les bateaux volent vers l'aventure sous un soleil resplendissant.

- Première dépression, première avarie -

Au large, la météo se gâte rapidement. Le 10 janvier, la tête de course - dont le Maxi Edmond de Rothschild fait partie - se heurte à sa première dépression à hauteur des Canaries.

Voilier le plus exposé à l'ouest de la flotte, le trimaran bleu et blanc s'élève au dessus des mers dans des vagues formées et endommage gravement le carénage de son bras avant pendant le coup de tabac.

"J'ai découvert un bout de carbone dans le cockpit et j'ai mis des sangles partout", se remémore Caudrelier. Le rafistolage tiendra et l'écurie Gitana, elle, gardera le secret jusqu'à la dernière semaine de course.

- Fin du duel avec Tom Laperche -

Après une semaine en mer, Caudrelier et Tom Laperche (SVR Lazartigue) se détachent des autres et le duo ne se quitte plus dans l'Atlantique sud. Un lien se forme entre le marin aguerri et le benjamin de la course (26 ans).

"On parlait tous les jours (à la radio, ndlr), on était un peu des compagnons de route et on se tirait la bourre de façon très amicale", raconte Caudrelier. Mais à l'approche du cap de Bonne-Espérance, le SVR-Lazartigue heurte un objet non identifié.

Il abandonnera quelques jours plus tard en Afrique du Sud. "J'ai beaucoup de tristesse pour ce qui lui est arrivé. C'est quelqu'un que j'admire beaucoup et cela aurait pu m'arriver aussi", écrit alors Caudrelier, qui restera leader jusqu'à l'arrivée.

- La libération au cap Horn -

Libéré de la pression mise par son jeune adversaire, Charles Caudrelier file seul en tête dans les mers du Sud. Il s'autorise enfin à lever le pied et à admirer les albatros dans ce paysage grisâtre et redouté.

"Ma course a changé désormais. Avec une telle avance, on va pouvoir faire le choix de ne pas prendre les routes optimales, mais celles qui préservent le bateau", estime-t-il. Juste avant le cap Horn, une tempête l'oblige à temporiser en mer quelques jours.

Le 6 février, trente jours après son départ, il passe enfin l'emblématique caillou "avec un super temps". "J'ai pu l'admirer, en profiter pleinement, me détendre. C’était mon premier en solitaire, mon premier en tête d’une course", s'enthousiasme-t-il.

- "Le temps long" de l'arrivée -

Malgré l'avance engrangée, la fin du périple est loin d'être une partie de plaisir pour le marin et son bateau. La paire est fatiguée et la météo, très instable lors de la remontée le long du Brésil, empêche Caudrelier de se reposer.

"Le temps commence à être long", concède-t-il en slalomant entre les grains. A quelques jours de l'arrivée, un golfe de Gascogne très agité le pousse à réaliser sa première escale technique du périple aux Açores.

Il repart 3 jours plus tard, reposé et bien rasé. A 08h37 mardi, il franchit enfin la ligne d'arrivée. "Elle s'est faite attendre, mais cela restera gravé dans ma mémoire", lâche-t-il sourire aux lèvres, devant une petite nuée de bateaux venus le féliciter.

Ch.Anderson--EWJ

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