English Woman's Journal - "Qui ose gagne": Benoit Saint-Denis, valeur montante du MMA français

"Qui ose gagne": Benoit Saint-Denis, valeur montante du MMA français


"Qui ose gagne": Benoit Saint-Denis, valeur montante du MMA français
"Qui ose gagne": Benoit Saint-Denis, valeur montante du MMA français / Photo: JULIEN DE ROSA - AFP/Archives

Ancien militaire des forces spéciales, le Français Benoit Saint-Denis, reconverti dans le MMA, combat samedi à New York pour s'ouvrir les portes du top 15 des poids légers de l'UFC, quatre ans à peine après ses débuts.

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Pour son sixième combat à l'UFC, la plus prestigieuse des ligues d'arts martiaux mixtes, Saint-Denis s'apprête à affronter l'Américain Matt Frevola, lui-même officier de réserve de l'armée américaine.

Clin d'oeil du calendrier, les deux hommes s'affrontent un 11 novembre, date marquant l'armistice de la Première Guerre mondiale et synonyme aux Etats-Unis du Veterans day, journée commémorative en l'honneur des anciens combattants.

"C'est quelque chose qui me donne une motivation supplémentaire", explique Benoit Saint-Denis, alias "God of war" à l'AFP. "J'ai eu des camarades qui ont été blessés en opérations extérieures, qui ont eu soit des blessures psychiques, avec des chocs post-traumatique, soit des blessures physiques. Donc c'est une sorte d'hommage."

Il n'a que 27 ans mais Saint-Denis en est déjà à sa deuxième vie, après avoir servi plus de six ans dans l'armée.

- "Vivre sa propre aventure" -

"Je me suis engagé dans les forces spéciales françaises au sein du 1er RPIMa (1er régiment de parachutistes d'infanterie de la marine, NDLR) pour vivre une vie d'aventure, de fraternité et d'engagement", se remémore-t-il.

De son passage à l'armée, dont plusieurs années sur le front du Sahel, il en tirera "une expérience pleine d'humilité". "Ça m'a apporté en maturité, ça m'a permis de m'endurcir mentalement, d'être capable de me fixer des objectifs, d'être discipliné. Je suis entré dans l'armée, j'étais un garçon et quand je suis ressorti, j'étais un homme."

"J'ai vécu des moments vraiment incroyables, ça a été une réelle aventure. Maintenant, chaque homme, je pense, arrive à un moment où il se pose des questions, où il veut devenir aussi son propre patron, vivre sa propre aventure."

"Tombé amoureux" du jiu-jitsu pendant sa carrière de militaire, il démarre la compétition en amateur, se perfectionne en boxe pieds-poings et se fait repérer par l'entraîneur Daniel Woirin, ancien coach notamment de la légende brésilienne Anderson Silva.

Reprenant à son compte le credo du 1er RPIMa "Qui ose gagne", il décide alors de quitter l'armée et son contrat à 2.000 euros par mois pour se lancer dans l'inconnu.

Deux ans et demi après ses débuts, il signe à l'UFC en plein Covid, "un exploit en terme de temps", souligne-t-il. "C'est quelque chose dont on est fier avec mon équipe parce qu'on a travaillé en prenant des risques mais aussi avec intelligence, panache et discipline."

Samedi, il se prépare à affronter en la personne de Matt Frevola un combattant "complet et dur au mal". "Le but, c'est de le battre dans tous les domaines."

Avec quatre victoires pour une défaite à son palmarès, un succès face à l'Américain, classé au 14e rang des poids légers, lui permettrait d'intégrer le top 15 de la catégorie.

- "Seine-Saint-Denis style" -

Avec de gros combattants comme Islam Makhachev, Charles Oliveira ou encore Justin Gaethje, les -70 kg représentent sans doute l'une des catégories les plus relevées de l'UFC, mais pas de quoi intimider le Français.

Après sa victoire impressionnante par KO face au Brésilien Thiago Moises lors de l'UFC Paris il y a deux mois, il avait prévenu: "Je vais vous expliquer une chose, il n'y a pas un mec en -70 qui tient 3 rounds avec moi et je vais vous le prouver étape par étape. Je viendrai défendre la ceinture de l'UFC à Paris lorsqu'elle sera autour de ma taille."

Signe en tout cas que l'organisation mise sur lui, Saint-Denis s'apprête à combattre dans l'arène du prestigieux Madison Square Garden, sur la carte de l'UFC 295 avec deux ceintures en jeu au programme.

Comme à son habitude, il entrera en scène au son du chant des commandos, "une chanson que je chantais quand j'étais jeune à l'armée", et de l'emblématique "Seine-Saint-Denis style" de NTM. "Quand j'entends cette musique, je sais que ça va être la guerre", dit-il.

Ch.McDonald--EWJ

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