English Woman's Journal - L'Agence du médicament déconseille explicitement les principaux traitements anti-rhume

L'Agence du médicament déconseille explicitement les principaux traitements anti-rhume


L'Agence du médicament déconseille explicitement les principaux traitements anti-rhume
L'Agence du médicament déconseille explicitement les principaux traitements anti-rhume / Photo: Charly TRIBALLEAU - AFP/Archives

Les médicaments décongestionnants contre le rhume, dont l'intérêt est contesté depuis des années à cause de leurs risques d'effets graves, doivent purement et simplement être évités, a estimé lundi l'agence du médicament, qui ne s'était pas encore positionnée aussi franchement.

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"En cas de rhume, évitez les médicaments vasoconstricteurs par voie orale", a lancé dans un communiqué l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), énumérant les principaux traitements concernés: Actifed Rhume, Dolirhume, Humex Rhume, Nurofen Rhume et Rhinadvil Rhume.

Disponibles sans ordonnance sous forme de comprimés, ces traitements - aussi vendus par spray nasal sur prescription - visent à décongestionner et désencombrer le nez. Ce sont donc les principaux médicaments utilisés contre le rhume.

Mais ils font l'objet depuis plusieurs années de nombreuses critiques, à commencer par l'ANSM elle-même, car ils peuvent provoquer de graves effets secondaires comme des AVC et des infarctus.

"Le risque est très faible mais ces événements peuvent se produire quelles que soient la dose et la durée du traitement", souligne l'ANSM.

Ces risques apparaissent bien excessifs au regard de ce qui est traité: un rhume inoffensif et voué à guérir de lui-même en quelques jours. L'ANSM rappelle à ce titre que l'on peut se sentir mieux en humidifiant son nez avec du sérum physiologique, ou en dormant la tête surélevée.

L'Agence n'avait pas encore pris position aussi clairement pour déconseiller ces traitements même si, au cours des ans, elle a régulièrement communiqué sur leur dangerosité, en plus d'interdire leur publicité auprès du grand public.

Elle n'a toutefois pas retiré ces médicaments du marché, une décision qui doit être prise à l'échelle de l'Union européenne (UE). A ce titre, l'ANSM dit avoir demandé à son homologue européenne de réévaluer l'intérêt de ces traitements.

Dans un communiqué, le lobby des médicaments sans ordonnance, NéreS, a regretté une communication "prématurée" de l'ANSM, affirmant que le rapport bénéfice-risque restait considéré comme positif en attendant les conclusions européennes.

Pour autant, les principales sociétés savantes françaises - ORL, médecins généralistes, pharmaciens - se sont d'ores et déjà associées aux recommandations de l'ANSM contre l'usage de ces médicaments.

De plus, des acteurs indépendants comme la revue Prescrire recommandent déjà depuis longtemps, sur la base des données disponibles, de ne pas utiliser ces anti-rhumes et regrettent plutôt la lenteur des autorités sanitaires à agir.

O.Jonstone--EWJ

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