English Woman's Journal - A Oslo, le dernier voyage de bateaux vikings

A Oslo, le dernier voyage de bateaux vikings


A Oslo, le dernier voyage de bateaux vikings
A Oslo, le dernier voyage de bateaux vikings / Photo: Fredrik Varfjell - NTB/AFP

Plus que millénaires, ils ont traversé les épreuves du temps et se préparent à ce qui devrait être leur dernier et, peut-être, plus périlleux voyage: trois bateaux vikings amorcent un déménagement à haut risque vers leur ultime demeure en Norvège.

Taille du texte:

Sur une péninsule d'Oslo, l'Oseberg, premier des trois à faire le grand saut, a commencé mercredi à regagner une extension du Musée de l'Age viking, nouvellement construite pour abriter ce trésor national dans des conditions optimales.

Aussi vieille que fragile, la vénérable coque en chêne se déplace de façon quasi imperceptible à l'oeil nu, enserrée dans une lourde protection métallique.

Poupe la première, elle doit parcourir une centaine de mètres en dix heures, suspendue à une grue se mouvant sur un rail fixé en hauteur.

"C'est presque comme si elle naviguait dans les airs", s'extasie la directrice du musée, Aud Tønnessen, devant la majestueuse tête hélicoïdale qui surmonte le bateau.

"Il y a quelque chose de profondément émouvant à songer que ces navires, avec leur longue histoire et toutes les traversées qu'ils ont effectuées, vont entreprendre leur dernier voyage", dit-elle.

Nommés d'après l'endroit où ils ont été découverts, l'Oseberg, le Gokstad et le Tune étaient conservés dans un bâtiment cruciforme de 1926, sous-dimensionné et inadapté à la conservation de bateaux construits entre l'an 820 et l'an 910.

"Ils étaient soumis à l'humidité, aux vibrations... Avec le temps, la contrainte est devenue si forte qu'ils ont commencé à montrer des signes qu'ils allaient finir par s'affaisser sur leurs supports", explique Mme Tønnessen.

Décision a donc été prise de les placer dans un autre écrin: un bâtiment climatisé spécialement construit dans le prolongement du vieux musée, qui devrait permettre de les conserver en l'état pendant une centaine d'années.

Mais le déménagement lui-même est périlleux.

"Nous devons réussir cette opération sans davantage endommager les navires, mais on sait bien que chaque manipulation leur est néfaste", souligne le conservateur David Hauer, qui planche sur le projet depuis des années.

"Ce sont des coques à clin (dont les planches se chevauchent partiellement, ndlr) vieilles de 1.200 ans. A la moindre déformation, elles se fendent entre les rivets, le bois se fissure", dit-il.

- Très haute précision -

D'infinies précautions ont été prises pour éviter la casse et en particulier les vibrations lors du transport qui se fait à la cadence de 5,5 minutes par mètre parcouru.

Il a notamment été fait appel à un groupe de services para-pétroliers rompu aux travaux de très haute précision comme la pose, au millimètre près, d'énormes structures à 300 mètres sous la mer.

"Mais ici, c'est encore un autre niveau", affirme M. Hauer.

"Le degré de précision requis, par exemple en matière de vibrations, est le même que pour les microscopes électroniques (qui nécessitent une stabilité extrême, ndlr) dans les hôpitaux. A ceci près que, là, il s'agit de soulever le microscope électronique, de le déplacer, puis de le reposer pour qu'il soit à nouveau utilisable", dit-il.

Si tout se passe comme prévu, le Gokstad devrait à son tour rejoindre son nouvel emplacement au cours de l'automne, puis le Tune à l'été 2026.

Retrouvés tous trois dans des tumulus funéraires sur des sites distincts au sud-ouest et au sud-est d'Oslo, les bateaux vikings ont chacun leurs spécificités.

Richement décoré avec des sculptures élaborées, l'Oseberg, le plus vieux des trois, est considéré comme le bateau viking le mieux conservé au monde.

Mesurant 23 mètres de long pour 5 mètres de large, le Gokstad, lui, est le plus gros des trois avec de la place pour 32 rameurs, tandis que le Tune, le plus dégradé, était, croit-on, un bateau de guerre particulièrement rapide.

Contrairement à une croyance populaire, autre d'entre eux n'est en tout cas un "drakkar". Ce terme est honni par les historiens qui arguent que le mot a été forgé de toutes pièces en France au milieu du XIXe, sans aucune légitimité historique.

Le nouveau musée doit ouvrir en 2027, l'ancien ayant fermé ses portes en 2021.

St.Ch.Russell--EWJ

En vedette

Annonces frauduleuses et arnaques : Bruxelles enquête sur Booking

La Commission européenne a ouvert mercredi une enquête sur la plateforme de réservation d'hôtels Booking, pour vérifier si elle a pris des mesures suffisantes afin de protéger ses clients contre les annonces trompeuses et les arnaques en ligne.

"Mainmise sur les médias" : des journalistes serbes sous pression à l'approche des législatives

Il y a quelques semaines, en amont des législatives anticipées en Serbie, le présentateur vedette d'une émission satirique populaire, Zoran Kesic, avait ouvert son programme avec un avertissement sans détour : "Ces élections déterminent si nos enfants resteront ici".

Distancé par YouTube sur les téléviseurs américains, Netflix ne rassure pas Wall Street

Champion de la rentabilité mais en mal de croissance, Netflix peine à convaincre les investisseurs : le pionnier du streaming a publié mardi des ventes conformes aux attentes, mais revu à la baisse ses ambitions publicitaires, sur lesquelles il compte pourtant pour se relancer.

Après un demi-siècle, le mythique Orchestra Baobab parie sur une pétillante nouvelle génération

Dès que résonne le solo du saxophone du célébrissime morceau "Utrus Horas", la fièvre monte, les couples se forment, se déhanchent: plus d'un demi-siècle après sa création, le légendaire groupe sénégalais Orchestra Baobab fait toujours vibrer les nuits au son de sa musique afro-cubaine teintée de sonorités ouest-africaines.

Taille du texte: