Mort de Maradona : la défense plaide l'innocence du médecin accusé principal, "bouc émissaire"
La défense de Leopoldo Luque, accusé principal du procès, dans sa phase finale, sur la mort de Diego Maradona en 2020, a plaidé mercredi l'innocence du médecin, qu'elle considère comme "le bouc émissaire" de la procédure.
"Pour l'accusation, Leopoldo Luque a été le bouc émissaire dans cette affaire", "un lampiste," a déclaré l'un de ses avocats, Roberto Rallin, tandis que son collègue Francisco Oneto a soutenu la thèse d'un décès du footballeur consécutif à un accident cardiaque "aigu et imprévisible".
L'accusation a requis 12 ans de prison contre Luque, 45 ans, neurochirurgien de son état, mais considéré comme médecin de confiance de Maradona à l'époque, et principal décisionnaire dans l'entourage soignant, au moment de son hospitalisation à domicile fatale, en novembre 2020.
Maradona est mort à 60 ans d'une crise cardio-respiratoire couplée à un œdème pulmonaire.
Le "pibe de oro" (gamin en or) a été retrouvé mort sur son lit d'une résidence de Tigre (nord de Buenos Aires) louée pour sa convalescence, après une neurochirurgie sans complication pour un hématome à la tête.
Sept professionnels de santé (médecins, infirmiers, psychiatre, psychologue) sont jugés depuis avril pour potentielles négligences qui auraient été fatales au footballeur de légende durant ces deux semaines de convalescence.
L'accusation a requis la semaine dernière entre quatre et 12 ans de prison contre six des sept accusés. Mais davantage, jusqu'à 16 ans a été demandé par les parties civiles, enfants ou sœurs de Maradona, contre certains d'entre eux.
Dont le Dr Luque, et Nancy Forlini, qui était coordinatrice médicale de la convalescence de Maradona, pour le compte d'un prestataire privé de soins.
Dans son réquisitoire, le ministère public avait fustigé "l'inactivité" du Dr Luque, dont l'attitude "a toujours été de ne rien faire", face aux signaux d'alarme - insuffisance cardiaque, œdèmes - que présentait Maradona.
"Nous sommes ici pour proclamer l'innocence de Luque, non pas avec des slogans de télévision, mais avec des preuves qui la fondent", a lancé mercredi l'avocat du praticien, Roberto Rallin au début de sa plaidoirie.
- "Impossible de prévoir" -
Ses défenseurs s'en sont particulièrement pris aux conclusions de la commission médicale interdisciplinaire, qui avait été mise en place par la justice en 2021, pour rendre un avis sur le décès de la star.
Répétant une bataille d'expertises médicales dissonantes qui s'est jouée plusieurs fois lors du procès, les avocats de Luque ont en particulier contesté les antécédents de pathologie cardiaque de Maradona. Que, selon l'accusation, l'entourage soignant aurait dû prendre en compte, mais qui selon la défense, remontaient à une vingtaine d'années.
"Dire que Maradona était cardiaque est un préjugé (...), on a ancré l'idée que Maradona était cardiaque, et la commission médicale l'a adoptée comme vraie", a lancé Me Oneto.
"Maradona était cardiologiquement sain et le reste des problèmes qu’il avait étaient asymptomatiques", a-t-il affirmé, évoquant notamment ses problèmes rénaux.
"Il n'existait pas la moindre possibilité de prévoir cette issue" fatale. "Spoiler : parce qu'elle a été aiguë", a-t-il lancé.
Leopoldo Luque, au long du procès, a été de loin l'accusé le plus combatif, prenant la parole plusieurs fois quand il s'estimait mis en cause. Il a fait diffuser des enregistrements audio, présenté des articles scientifiques et même une vidéo de l'autopsie de Maradona, déclenchant la colère de la fille du footballeur.
"C'est facile de s'en prendre à moi parce que je suis celui qui a eu le plus de contacts avec" Maradona, s'était défendu Luque au tribunal dans une de ses interventions, assurant que "le seul qui (le) défendrait, ce serait Diego".
"Je tenais beaucoup à lui, je l'aimais, c'était mon idole et mon ami", avait-il aussi lancé.
Après les plaidoiries de la défense jusqu'à jeudi, le verdict devrait être mis en délibéré à une date ultérieure.
Ch.McDonald--EWJ