English Woman's Journal - Inde: un an après la catastrophe d'Air India, les familles endeuillées cherchent toujours à comprendre

Inde: un an après la catastrophe d'Air India, les familles endeuillées cherchent toujours à comprendre


Inde: un an après la catastrophe d'Air India, les familles endeuillées cherchent toujours à comprendre
Inde: un an après la catastrophe d'Air India, les familles endeuillées cherchent toujours à comprendre / Photo: Shammi MEHRA - AFP

Des photos, des bougies et une immense tristesse: les familles des victimes de l'accident du Boeing 787 de la compagnie Air India se sont retrouvées vendredi à Ahmedabad, dans l'ouest de l'Inde, toujours sans réponses sur les causes de la catastrophe qui a fait 260 morts.

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Tout près de la faculté de médecine sur laquelle le long courrier s'est écrasé le 12 juin 2025 une minute après son décollage, Suresh Patni a allumé une lampe à huile, jeté une poignée de pétales de roses et posé un portrait de son fils Akash, 12 ans, tué en pleine rue.

L'accident a causé la mort de 241 passagers et membres d'équipage - un seul passager a miraculeusement survécu - et 19 habitants au sol, dont l'adolescent qui se trouvait près de la petite boutique de vente de thé de ses parents.

"Nous sommes là pour nous souvenir de lui", a expliqué à l'AFP le père au milieu du reste de la famille. "Il était très bon élève, il aurait pu avoir une très bonne situation".

Un an après, la famille envisage de quitter l'appartement qu'elle occupe dans un immeuble tout proche. "Nous n'avons plus envie de rester", dit Suresh Patni, "ça nous fait mal dès qu'un avion passe au-dessus de nous".

Le vol Air India 171 à destination de l'aéroport londonien de Gatwick est tombé sur la ville quelques instants à peine après pris son envol et a explosé dans une boule de feu.

- "Pas transparent" -

Sur les lieux de la catastrophe, les débris de l'avion ont été évacués depuis des mois. Mais le bâtiment qu'il a éventré reste interdit d'accès. Des arbres brûlés, des fenêtres cassées et une épaisse couche de suie dont émergent encore des sacs ou des vêtements témoignent de l'explosion.

Le rapport préliminaire publié un mois après l'accident par le Bureau indien d'enquête sur les accidents aériens (AAIB) a attribué la chute du Boeing Dreamliner à la mise en position arrêt presque simultanément des deux interrupteurs d'alimentation en kérosène de ses moteurs.

Le document révèle aussi que l'un des pilotes a demandé à son collègue pourquoi il avait coupé cette alimentation, ce que son collègue a réfuté. Mais il ne publie pas l'intégralité de leur dialogue, ni n'indique si la manœuvre était d'origine humaine ou la conséquence d'une défaillance technique.

Ce rapport initial continue de nourrir les rancœurs des familles des victimes, de leurs avocats et d'experts, qui l'accusent de suggérer une faute des pilotes et d'épargner la compagnie et le constructeur de toute responsabilité.

"Je vais être très honnête, il (ce rapport) n'est absolument pas transparent", a déploré auprès de l'AFP le président de la Fédération des pilotes indiens (FIP), Charanvir Randhawa.

Dans une lettre ouverte publiée en mai, son organisation a évoqué le scénario d'une "perturbation électrique avant le décollage" susceptible d'avoir provoqué "une coupure de l'alimentation en carburant des deux moteurs sans intervention du pilote".

Dans une déclaration publiée vendredi, l'AAIB a assuré avoir accompli des "progrès significatifs" dans ses investigations, ajoutant que "des évaluations techniques additionnelles et des examens spécialisés" étaient encore nécessaires.

- "Faire son deuil" -

Le bureau a aussi répété son engagement à déterminer les causes de la catastrophe "de façon complète, indépendante, objective", mais sans indiquer de calendrier pour la remise de ses conclusions définitives.

Le constructeur Boeing s'est lui contenté de répéter sur les réseaux sociaux qu'il "soutenait" l'enquête de l'AAIB.

L'annonce de la poursuite de l'enquête a suscité méfiance et colère.

"Nous sommes déçus parce que nous avons besoin d'une raison", a regretté auprès de l'AFP Kinjal Patel, 36 ans, qui a perdu sa mère dans l'accident. "Ca fait un an. Combien de temps ça va encore durer ?"

"La publication du rapport est indispensable pour que tous ceux qui comme moi ont perdu quelqu'un puissent faire leur deuil", a souligné Kaminiben Nilesh Joshi, 61 ans, la femme d'une des victimes, venue de Londres.

Un avocat des familles, Ayush Dube, a pour sa part reproché à Air India d'assortir le versement des indemnisations annoncées à en engagement de ne pas poursuivre la compagnie devant les tribunaux.

"Il y est écrit que si vous prenez l'argent, vous ne pouvez plus vous associer à aucune plainte", a-t-il déploré, ajoutant : "à notre connaissance, plus de la moitié des gens ont signé".

Contacté par l'AFP, Air India n'a pas immédiatement répondu.

L.Paterson--EWJ

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