English Woman's Journal - STMicroelectronics coupe dans ses effectifs sur fond de brouille franco-italienne

STMicroelectronics coupe dans ses effectifs sur fond de brouille franco-italienne


STMicroelectronics coupe dans ses effectifs sur fond de brouille franco-italienne

Le groupe franco-italien de composants électroniques STMicroelectronics a détaillé jeudi son plan de restructuration, avec "jusqu'à 2.800" départs volontaires à l'échelle mondiale, sur fond de passe d'armes entre Paris et Rome au sujet de son PDG.

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Au cœur d'une montée des tensions entre ses coactionnaires, la France et l'Italie, le groupe a déroulé plusieurs points de son projet de "remodelage de son empreinte industrielle et de redimensionnement de sa base de coûts globale".

"Jusqu'à 2.800 personnes" pourraient ainsi être concernées par des départs à l'échelle mondiale sur une période de trois ans et "sur la base du volontariat".

Ces départs s'ajouteront à la diminution "naturelle" des effectifs et "devraient intervenir principalement en 2026 et 2027", a précisé STMicroelectronics. Le détail des pays et des sites concernés n'a pas été précisé.

Ces annonces ont provoqué la vive inquiétude du principal syndicat italien du secteur, Fiom-Cgil: "nous craignons qu'en Italie, il y ait un impact particulièrement violent, surtout dans le nord", a commenté sa secrétaire nationale Barbara Tibaldi.

Elle s'exprimait à l'issue d'une table ronde à Rome réunissant le ministre italien des Entreprises Adolfo Urso et d'autres syndicats, au cours de laquelle STMicroelectronics a confirmé ses investissements prévus en Italie.

En parallèle, l'entreprise aux 50.000 salariés dans le monde a indiqué qu'elle concentrerait ses investissements des prochaines années sur quelques modèles essentiels à la construction de semi-conducteurs, et mise sur l'intelligence artificielle (IA) pour augmenter la productivité de ses sites.

"En nous concentrant sur des infrastructures de fabrication de pointe et sur les technologies +mainstream+ (les plus vendues, NDLR), nous continuerons à tirer parti de tous nos sites existants, avec des missions redéfinies pour certains d'entre eux afin de soutenir leurs succès à long terme", a assuré le PDG du groupe Jean-Marc Chéry.

- Opposition franco-italienne -

Ces annonces surviennent en parallèle d'une vive montée des tensions entre Rome et Paris.

Les deux pays, qui contrôlent conjointement 27,5% des parts du groupe, tiennent des positions diamétralement opposées sur la gouvernance de l'entreprise et son PDG.

Nommé en 2018, renouvelé pour un mandat de trois ans en 2023, Jean-Marc Chéry a vu le ministre italien des Finances Giancarlo Giorgetti lui retirer son soutien mercredi.

Une prise de position en lien avec le refus du conseil de surveillance de l'entreprise de soutenir l'une des deux candidatures proposées par Rome pour intégrer cette instance interne, qualifié d'"incompréhensible, très grave et inacceptable" par M. Giorgetti.

Le directeur général de Bpifrance et président du conseil de surveillance de STMicroelectronics, Nicolas Dufourcq, s'est inscrit en faux : selon lui, ce rejet de la candidature de Marcello Sala n'est en rien le fait de la France, mais des membres indépendants. Le conseil de surveillance a réaffirmé son soutien à M. Chéry jeudi.

Rome, parallèlement, ne dévie pas de sa position. L'Italie compte proposer à nouveau M. Sala, proche de la Première ministre Giorgia Meloni, pour le poste resté vacant. Jeudi, Adolfo Urso s'est rangé aux côtés de M. Giorgetti.

"C'est le moment de s'attaquer aux questions liées au développement industriel et donc aux investissements en Italie", a martelé M. Urso, avant que le groupe n'annonce les détails de son plan de restructuration.

STMicroelectronics, qui a subi en 2024 une baisse de plus de 60% de son bénéfice, à 1,56 milliard de dollars (1,5 milliard d'euros), doit en parallèle faire face à une "class action", ou action de groupe, lancée à l'été 2024 aux États-Unis.

Dans sa plainte, un actionnaire reproche à Jean-Marc Chéry et au directeur financier du groupe, Lorenzo Grandi, d'avoir fourni "des déclarations extrêmement positives" avant la publication de mauvais résultats qui ont provoqué la chute du cours de Bourse.

Le conseil de surveillance a qualifié de "fausses" les accusations portées contre ces membres de la direction d'avoir vendu leurs actions juste avant la publication de ces résultats.

"Les ventes d'actions effectuées pendant la période d'interdiction de la société ont été réalisées par l'administrateur du plan d'actions de la société, par le biais d'une procédure automatique, afin de se conformer aux règles fiscales suisses", a fait valoir l'organe.

Il a assuré que "la société disposait d'une bonne défense contre les allégations" à son encontre.

Ch.Reilly--EWJ

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