English Woman's Journal - Nouvelle vague de violences en Equateur

Nouvelle vague de violences en Equateur


Nouvelle vague de violences en Equateur
Nouvelle vague de violences en Equateur / Photo: Marcos PIN - AFP

Touristes tués, une maire abattue par balles, mutinerie dans une prison: une nouvelle vague de violences a déferlé en Equateur, naguère havre de paix en Amérique latine, avec plusieurs tueries survenues en l'espace de quelques jours.

Taille du texte:

Huit personnes ont été tuées par balles samedi à Guayaquil, la capitale économique, dans le sud-ouest du pays. "Plusieurs individus armés à bord d'un véhicule" ont ouvert le feu sur un groupe dans la rue en fin de journée, a indiqué la police dans un communiqué.

"Deux personnes sont mortes sur le coup", poursuit le communiqué, tandis que six autres sont décédées "en raison de la gravité de leurs blessures" après avoir été transportées dans différents hôpitaux. Huit autres blessées ont été placés sous protection policière.

L'Equateur, autrefois l'un des pays les plus pacifiques de la région, est aujourd'hui sous le joug de bandes criminelles qui se disputent les routes du trafic de drogue.

Ce cycle de violence a conduit à une augmentation du taux d'homicides, qui est passé de 6 pour 100.000 habitants en 2018 à un record de 43 en 2023.

- Touristes tués par erreur -

Avant la fusillade à Guayaquil, le pays venait d'être secoué par la mort de cinq touristes, enlevés, interrogés et tués sur une plage par des trafiquants de drogue qui les avaient apparemment pris pour des membres d'un gang rival.

Deux personnes ont été placées en détention dans cette affaire.

Six adultes et cinq enfants équatoriens, arrivés dans la station balnéaire d'Ayampe, dans le sud-ouest de l'Equateur, le jeudi après-midi, avaient été enlevés le lendemain après l'irruption d'une vingtaine de personnes armées dans leur hôtel.

Les touristes ont été soumis à des "interrogatoires" et les corps de cinq adultes ont été retrouvés avec des blessures par balle sur une route voisine, a déclaré le commandant de la police locale, Richard Vaca.

Les touristes n'avaient aucun lien avec des organisations criminelles mais les agresseurs ont "apparemment pris ces personnes pour leurs adversaires", a-t-il ajouté.

Lors de l'arrestation des suspects, des fusils automatiques, des pistolets, des explosifs et des munitions ont été saisis.

Le président équatorien Daniel Noboa a exprimé sa "solidarité avec les familles" des victimes samedi sur son compte X.

"C'est un signe que le narcoterrorisme et ses alliés cherchent des espaces pour nous terroriser, mais ils n'y parviendront pas", a-t-il averti.

En janvier dernier, M. Noboa avait déclaré la nation en état de guerre à la suite d'une flambée de violence des gangs criminels qui a causé une vingtaine de morts, avec des attaques contre la presse, des explosions et plus de 200 enlèvements dans les prisons et dans les rues.

- Un maire abattu par balles -

Malgré l'état d'urgence en vigueur depuis le début de l'année, la violence en Equateur ne faiblit pas.

Vendredi, quatre personnes, dont un soldat, ont été tuées dans la ville de Manta, située sur la façade Pacifique, dans la province de Manabi.

Le week-end dernier, la maire de San Vicente, dans la même province, a été abattue par balles, un nouveau cas de violence politique. Sa mort survient après l'assassinat du candidat à la dernière élection présidentielle Fernando Villavicencio et du maire de Manta, Agustin Intriago, en 2023.

Mercredi, une mutinerie dans une prison de Guayaquil a fait trois morts et six blessés. C'est de cette même prison que s'est évadé en janvier dernier Adolfo "Fito" Macías, chef du gang criminel Los Choneros, l'un des principaux du pays.

Selon le président équatorien, l'émeute de la prison et les récentes violences "ne sont pas des événements isolés", car elles se sont produites avant une consultation populaire impulsée par le gouvernement. Sur son compte X, M. Noboa a accusé les "narcoterroristes" et leurs "alliés politiques" d'être à l'origine de la mutinerie.

Le chef de l'Etat, au pouvoir depuis novembre, a convoqué un référendum le 21 avril afin de consulter les Équatoriens sur l'opportunité de renforcer les mesures de lutte contre le trafic de drogue.

Parmi les questions posées figurent la possibilité pour les militaires de soutenir les policiers sans recourir à l'état d'urgence, l'extradition d'Equatoriens liés au crime organisé et l'alourdissement des peines pour les narco-trafiquants.

Les gangs liés aux cartels colombiens et mexicains opèrent désormais depuis les prisons équatoriennes. Depuis 2021, les affrontements incessants entre ces groupes criminels ont fait plus de 460 morts parmi les détenus.

Situé entre la Colombie et le Pérou, les plus grands producteurs de cocaïne au monde, l'Equateur est devenu il y a quelques années une plaque tournante logistique pour l'acheminement de la drogue vers les Etats-Unis et l'Europe.

P.Smid--EWJ

En vedette

En Équateur, une base discrète mais active de la lutte antidrogue américaine

Dissimulée au milieu de fermes d'élevage de crevettes et de plantations de teck, une base aérienne isolée en Équateur est devenue en toute discrétion un centre névralgique de la lutte croissante menée par Washington contre le trafic de drogue, selon des registres de vols, des images satellites, des témoignages et des documents militaires obtenus par l'AFP.

Six jihadistes français condamnés à la prison à perpétuité en Irak

La justice irakienne a condamné mardi sept Français, dont six à la réclusion à perpétuité, pour leur appartenance au groupe Etat islamique (EI), premier verdict dans le procès de 47 jihadistes français transférés de Syrie en Irak l'an dernier.

En Syrie, une famille décimée par des frappes de la Jordanie

Dans l'ambulance qui transporte les corps de ses proches tués par une frappe jordanienne sur le sud de la Syrie lundi soir, Nassouh al-Salim est en état de choc: en une fraction de seconde, il a perdu une grande partie de sa famille.

Vol en Isère: Framatome a déposé plainte, déplore "une atteinte grave à son outil industriel"

L'entreprise de nucléaire civil Framatome a déposé plainte après le "vol de matière" survenu dans la nuit du 21 au 22 octobre dans son usine située à Jarrie (Isère), a-t-elle indiqué mardi à l'AFP, déplorant "une atteinte grave à son outil industriel et à son personnel".

Taille du texte: